Hydatidose

L’hydatidose est une zoonose parasitaire causée par le tænia Echinococcus granulosus. L’Homme est considéré comme un cul-desac épidémiologique dans le cycle de vie du parasite qui se déroule généralement entre le chien, l’hôte définitif principal, et les animaux de rente (ovins, bovins, caprins, porcins), les hôtes intermédiaires principaux. Les vers adultes (3 à 8 mm) sont présents dans l’intestin des hôtes définitifs et libèrent leurs œufs qui sont répandus dans l’environnement via les fèces. Après ingestion de ces œufs par les hôtes intermédiaires, des kystes se forment dans le foie et/ou les poumons. Ils renferment un liquide hydatique clair et sous pression contenant les protoscolex, première forme du parasite adulte. La consommation des viscères contaminés par des chiens, uniquement rendue possible hors abattage réglementé, permet de boucler le cycle parasitaire. L’hydatidose est actuellement considérée comme l’une des infections parasitaires du bétail les plus présentes et l’une des zoonoses parasitaires les plus répandues dans le monde (Capuano et al. 2006, Craig et al. 2007).

Au sein de l’espèce E. granulosus, dix génotypes différents ont été décrits (Bowles et al. 1992, Bowles and McManus 1993, Nakao et al. 2007). Ces génotypes (nommés de G1 à G10) présentent des différences de spectre d’hôtes, de distribution géographique et d’impact chez l’Homme (Eckert and Thompson, 1997; Thompson, 1995). Toutefois, suite aux études phylogéniques récentes, la révision de la taxonomie d’E. granulosus est en cours et tend vers la création de nouvelles espèces regroupant un ou plusieurs de ces génotypes.

Au cours des vingt dernières années, suite aux mesures sanitaires mise en œuvre en France, le nombre d’animaux parasités en abattoir semble avoir fortement diminué. Cependant, en l’absence d’obligation de rapport détaillé lors de l’inspection des viandes et de la saisie des organes parasités en abattoir, la présence actuelle à l’échelle nationale ou départementale et le niveau de contamination des différents hôtes par E. granulosus en France demeurent inconnus. De plus la confusion possible lors du diagnostic macroscopique entre l’hydatidose et la cysticercose due à T. hydatigena (couramment appelé « boule d’eau ») ajoute une difficulté supplémentaire dans l’identification d’E. granulosus.

La Corse est considérée comme une région d’endémie historique de l’hydatidose, notamment du fait de la présence du parasite en Italie (Casulli et al. 2008) et surtout en Sardaigne (Varcasia et al. 2006). La majorité des animaux de rente abattus à l’abattoir en Corse sont des porcs. Une enquête durant une saison d’abattage porcin a été menée dans le département de la Haute-Corse. Des données ont été collectées dans le but de déterminer les foyers de l’hydatidose porcine, les génotypes d’E. granulosus impliqués, leurs localisations, les prévalences locales et la prévalence en abattoir pour le département, et d’estimer la confusion entre hydatidose et cysticercose. Ces informations sont essentielles pour une meilleure compréhension du niveau du risque d’infection et permettre la mise en place de mesures de prophylaxie efficaces.

Source : Extrait du Buletin épidémologique de l’ANSE n°48 Article de  Gérald Umhang (gerald.umhang@anses.fr), Céline Richomme, Franck BouéAnses, Laboratoire de la rage et de la faune sauvage de Nancy